La terre

En tant qu’élément, la terre est la substance universelle d’où tout émane. C’est la matière première – Matéria Prima des Alchimistes – le chaos primordial qui fut séparé des eaux lors de la création du monde. Au début elle fut séparée des eaux d’en haut – du ciel. Symboliquement la nature divine des êtres n’était pas enfermée dans la matière.

 

La terre, symbole passif, est l’opposé du ciel, symbole actif. Depuis ce temps, le monde est régi par la dualité en toute chose, sauf en Dieu. La terre, c’est l’opacité, les ténèbres, le Yin, féminin ; c’est l’hexagramme K’ouen du Yi-king, la perfection passive. Elle porte les quatre règnes, minéral, végétal, animal et humain.

Le ciel, lui, complète les quatre règnes précédents par un cinquième, le règne de l’Esprit ; subtil, impalpable, agissant, créatif, générateur de vie. C’est l’Esprit présent en toute chose. Le lieu géographique, l’édifice et l’homme sont constitués d’un même élément ; la terre.

« Lorsque Dieu commença la création du ciel et de la terre, la terre était déserte et vide, et les ténèbres à la surface de l’abîme ; le souffle de Dieu planait à la surface des eaux…Dieu sépara la lumière des ténèbres…Il sépara les eaux inférieures des eaux supérieures, Il appela le firmament Ciel et appela Terre le continent… Dieu créa l’homme à son image ; mâle et femelle Il les créa. Dieu modela ensuite du sol toutes bêtes des champs… Dieu fit tomber dans une torpeur l’homme qui s’endormit ; Il prit l’une de ses côtes et referma les chairs à sa place. Il transforma la côte qu’il avait prise à l’homme en une femme».

Après le péché d’Adam et Eve - l’homme et la femme qui mangèrent des fruits de l’arbre interdit - Dieu dit à Adam :

« C’est dans la peine que tu te nourriras tous les jours de ta vie…Tu mangeras l’herbe des champs. A la sueur de ton visage tu mangeras du pain jusqu’à ce que tu retournes au sol car c’est de lui que tu as été pris. Oui, tu es poussière et c’est à la poussière que tu retourneras ».

 

La terre est donc cultivée par l’homme. Elle est pénétrée par l’outil du jardinier ou par la charrue du cultivateur et fécondée par la pluie, l’eau et le sang, symbole de l’esprit qui permet aux semences de croître en elle. La terre est la matrice qui reçoit la fécondation du ciel. L’humain est également fabriqué de cette matière qui est fécondée par l’esprit de Dieu qui dépose en lui l’étincelle divine, une parcelle de lui-même afin qu’il croisse en Lumière, en Amour et en Puissance pour restaurer le plan divin sur la terre.

Dans la religion védique, elle symbolise la Mère qui est source de vie, qui protège de tout anéantissement. C’est pourquoi les corps morts sont incinérés, et au moment de mettre en terre les cendres des défunts, les paroles suivantes sont prononcées :

« Va sous cette terre, ta mère, aux vastes séjours, aux bonnes faveurs ! Douce comme laine à qui sut donner, qu’elle te garde du Néant ! Forme voûte pour lui et ne l’écrase point ; reçois-le, Terre, accueille-le ! Couvre-le d’un pan de ta robe comme une mère protège son fils ». (Rig Véda, Grhyasutra 4, 1).

Dans certaines tribus africaines, les femmes enceintes avalent de la terre car elle est symbole de vie. La terre donc est symbole de fécondité et de régénération. Elle enfante tous les êtres et les nourris, puis en reçoit à nouveau le germe. La fécondité de la terre est un mouvement cyclique. Etant à l’origine de toute vie, elle est appelée la "Grande Mère".

En Afrique, on dit que les femmes stériles ne doivent pas cultiver les champs car elles risquent de transmettre leur état à la terre. A l’inverse les femmes enceintes qui sèment les graines enrichissent celle-ci et favorisent les bonnes récoltes.

La terre est nourricière : on la cultive et y sème le grain issu des fruits qu’elle produit l’année précédente ; les fruits récoltés donneront d’autres graines pour l’année suivante et ainsi de suite. Il en est ainsi des âmes humaines ; de génération en génération les enfants naissent et ont d’autres enfants qui auront eux aussi des enfants. Nous sommes les fruits de la terre que Dieu y a déposé afin qu’ils s’y multiplient. La différence, si l’on croit qu’il en est une, est que cette procréation permet aux âmes de s’incarner à plusieurs reprises afin de se parfaire et de réintégrer la sphère divine.

La Terre Sainte

 

Pour les chrétiens et les juifs, le nom de "Terre Sainte" qualifie la Palestine. Pour d’autres, elle est appelée "Terre des Saints", "Terre des Bienheureux", "Terre d’Immortalité"si celle-ci a été fécondée par une divinité. Tous les endroits ainsi fécondés sont devenus des centres spirituels majeurs ou secondaires ; on les qualifie également de "Lieux où souffle l’Esprit". Chacun de ces centres spirituels symbolise à la fois le Centre du Monde, la Terre Primordiale ou le Paradis Terrestre. Les endroits de notre planète qui reçoivent la fécondation divine sont considérés comme des Lieux Saints.

Selon Dante, la Terre Promise est un des pôles de l’Esprit, comme Chanaan chez les hébreux, Ithaque pour Ulysse, la Jérusalem Céleste pour les chrétiens. Pour Platon la Terre Pure correspond à la Terre Sainte. Un espace géographique fécondé par intervention divine devient le berceau spirituel de ceux qui y naissent. C’est un espace sacré qui tient au fait que la permanence de l’influence Divine en ce lieu permet à tous d’aller s’y ressourcer, s’y régénérer.

C’est en cela que les pèlerinages sont si importants. Ils mènent consciemment, mais  parfois en toute ignorance, les touristes sur des hauts lieux où souffle l’Esprit. Partout où il y a connexion entre le ciel et la terre, il y a fécondation de la seconde par le premier. La terre, ainsi sanctifiée, est la garante des serments et des promesses des peuples qui, sous sa protection, vivent, se nourrissent, et croissent de tous ses bienfaits.

La terre est un des quatre éléments constituant la nature matérielle avec l’air, l’eau et le feu. Bien que contenant les trois derniers à l’état latent et non solide, elle devient source de conflit intérieur car elle symbolise le creuset de l’alchimiste où tout se transforme et où tout se créer. Les souterrains ou terres intérieures symbolisent le subconscient alors que la surface de la terre est le conscient. La terre entière devient non seulement le symbole de la conscience mais également celui de tous les conflits, combats, désirs, possibilités livrées à l’homme et à son libre-arbitre pour s’améliorer.

Protéger notre planète devient une question de survie de l’âme. Si le lieu dans lequel l’humanité chemine et doit effectuer sa rédemption est anéanti par les hommes, cela revient à s’autodétruire, à tuer celui ou celle qui nous porte, notre Mère la Terre. Souvenons-nous de la fable populaire africaine du scorpion et de la grenouille :

 

« Un scorpion qui avait besoin de traverser une rivière, demanda à une grenouille de le mener jusqu’à l’autre rive, sur son dos. Il n’en est pas question répondit la grenouille. Je te connais et je sais que si je te laisse monter sur mon dos, tu me piqueras pour me tuer. Mais alors, je vais mourir noyé, répondit le scorpion. La grenouille finit par accepter, mais à la moitié du parcours, le scorpion la piqua, lui injectant son venin mortel. Mais qu’est-ce que tu as fait, malheureux, s’écria la grenouille. Maintenant, tu vas mourir, toi aussi ! Je n’y peux rien, dit le scorpion. C’est ma nature ».

 

Moralité : Rien ne peut changer la nature de l’homme si ce n’est l’homme lui-même par le miracle de la grâce et l’alliance nouvelle avec Dieu. Transformer nos êtres en terre promise, c’est œuvrer pour que l’Esprit Saint se manifeste en nous. C’est la seule promesse de Dieu aux hommes ; qu’il n’abandonnera aucune de ces brebis, mais faut-il encore faire l’effort et avoir la volonté de compter parmi ses agneaux.

 

La terre est considérée comme Sainte car elle est la seule prérogative donnée à l’homme pour effectuer son retour dans l’Eden Primordial. Notre corps humain est une Terre Sainte. Elle a reçu à sa naissance une infime partie de Dieu Vivant, le Christ en nous, l’étincelle divine. L’Univers, la Terre et l’Homme ont accueilli à leur naissance le Divin en eux. Le début de la révélation de la sainteté potentielle en l’homme se déclare le jour du Sacrement du Baptême, jour ou nous choisissons librement d’accueillir Dieu dans notre vie, au sein de notre corps.

 

 

Les Gardiens de la Terre Sainte

Les Ordres de Chevalerie, pour la plupart, ont comme attribution d’être les "Gardiens de la Terre Sainte". Cette appellation dérive directement du fait des croisades où les armées des croisés défendirent les chemins de Jérusalem et la Cité Sainte sous le commandement des Templiers et la bénédiction de l’église romaine, qui y voyait pointer un renouveau de la chrétienté.

La fonction de "Gardien de la Terre Sainte" fut incarnée, au moyen-âge par les Ordres Templiers qui se réclamaient de la Chevalerie du Saint Graal. Les Gardiens sont détenteurs de cette Tradition et veillent à ce qu’Elle ne soit pas altérée. Ils se tiennent près du dernier rempart entre le monde extérieur et le monde Divin. Ils sont défenseurs de la Tradition Primordiale dont ils rassemblent les diverses manifestations afin de les transmettre aux générations futures.

Dans le Temple, le Gardien est chargé de surveiller le parvis et de vérifier l’accès au Temple, afin que seuls les personnes autorisées y pénètrent.

 

René Guénon précise

« Dans le monde occidental, où le spirituel prend la forme spécifiquement religieuse, les "véritables Gardiens de la Terre Sainte", le temps qu’ils eurent une reconnaissance officielle de l’église, devaient être des Chevaliers mais des Chevaliers qui fussent des moines ; et c’est bien ce que furent les Templiers, des moines-soldats ».

La Tradition Primordiale inspira la plupart des religions du monde. Pour cette raison, les Templiers établirent des contacts avec leurs "alter-ego" du Moyen Orient près de qui ils apprirent, entre autres secrets celui de l’Alchimie. Si, pour les chrétiens et les juifs la Terre Sainte désigne la Palestine, il existe d’autres  mouvements ésotériques et traditionnels qui se disent également "Gardiens de la Terre Sainte" ; par exemple, les Druzes, les Soufis, les Acassins, etc…

Tous ces groupes, de quelques horizons religieux qu’ils soient présentent des similitudes dans leurs organisations et leurs buts, qui est de protéger et de défendre la Terre Sainte. Le langage ne fut jamais une barrière, car la Tradition se diffuse sous forme de symboles. Nous savons que l’un des buts inavoués des Templiers en Terre Sainte, était de nouer des contacts avec des sociétés traditionnelles pour y apprendre certains aspects de la Tradition Primordiale et notamment l’art de l’alchimie qu’ils en ramenèrent. Quels que soient les peuples concernés, le nom de Terre Sainte, Terre Pure, Terre des Vivants, Terre d’Immortalité désigne un centre spirituel incontournable appelé Cœur du Monde ou Centre du Monde.

La Terre possède des centres d’énergies subtiles ; ceux-ci se situent là où s’effectue une connexion terre-ciel, humaine et divine, terrestre et céleste. De façon similaire le corps de l’homme possède des centres d’énergie appelés chakras. La fermeture ou la destruction des uns ou des autres provoque un déséquilibre énergétique et spirituel de l’homme ou du lieu. Le Macrocosme et le Microcosme sont absolument identiques mais en des dimensions immensément différentes.

 

Le Temple

Dans le Temple des sociétés secrètes, il y a parmi les officiants, un Gardien chargé de veiller à l’accès du lieu, comme l’était le Gardien du Saint des Saints. Le Christ a dit : « Là où quelques uns d’entre vous sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux, parmi eux ». C’est pourquoi il y a toujours un gardien dans le temple car celui-ci devient, dès le début des travaux, une Terre Sainte.

La Terre Sainte de Jérusalem est devenue, au fils des siècles, le Cœur du Monde que les peuples s’arrachent pour le posséder en entier. Si leur Amour pour Dieu était à la hauteur du sacrifice qu’à fait Jésus-Christ en donnant sa vie pour le rachat du monde, ils cesseraient de s’entredéchirer pour un lieu qui est une Terre Universelle où chacun peut venir se ressourcer, se régénérer et prier pour le retour du Christ sur terre.

Le point – centre du Temple

 

Clément d’Alexandrie dit :

« Dieu est le "Cœur de l’Univers", et que de ce Cœur partent les étendues indéfinies qui se dirigent, l’une en haut, l’autre en bas, puis celle-ci à droite, celle-là à gauche, l’une en avant et l’autre en arrière. Dirigeant son regard vers les six étendues comme vers un nombre toujours égal, il achève le monde. Il est l’Alpha et l’Oméga. Enfin s’achèvent les six phases du temps ; c’est là le secret du chiffre Sept.

 

Ce point qui se développe par des lignes en tous sens (les cheveux de Shiva dans la Tradition Hindoue) n’est compréhensible que par le Palais Intérieur, le Saint Palais, l’insaisissable éther où se produit la concentration et d’où émane la Lumière Aor ».

Le point est l’éther rendu palpable par la concentration. Tout a été conçu dans la pensée. C’est le Saint des Saints qui représente le retour à l’état primordial qu’on appelle également la Voix qui émane de la Pensée. C’est le Verbe, en tant que Parole Divine ; il est d’abord la Pensée en Soi puis devient Parole à l’extérieur et Existence Universelle. Ce point est la perfection en Soi, la Parole retrouvée, le Verbe de Dieu, le Saint des Saints en Soi.

 

Le point, symbole de l’Unité exprime l’étendue qui n’existe que par son rayonnement ; il en est alors le Centre. Tout comme il existe Sept Chakras principaux en l’homme, un seul recèle l’étincelle divine, l’âme qui rayonne dans le corps tout entier, et le siège de l’âme est le Cœur. Cœur de l’Univers, Cœur du Monde, Cœur de l’Homme, pour chacune existe une Terre Sainte et pour chaque Terre Sainte un ou plusieurs Gardiens.

 

Le Temple Intérieur

La shékinah est la présence de la Divinité dans le monde humain. Pour le peuple d’Israël, ce lieu était le Tabernacle (Mishkan). Ce lieu où réside le Divin, cette Terre Sainte fut nomade comme le peuple qui la déplaçait avec lui avant de se fixer en Terre Promise.

La Shékinah devint fixe lorsque le Temple fut construit (Temple matériel et Temple humain après l’errance dans le désert).

Nous sommes tous gardiens de notre Temple Intérieur, le Saint Palais ou Palais Intérieur, qui est le siège de l’âme. L’âme ayant été engendrée par Dieu, elle est Sainte et Gardienne d’elle-même. Depuis la chute adamique il nous faut retrouver et reprendre cette responsabilité. Donc si nous gardons la foi du Christ en nous, nous devenons à notre tour une Terre Sainte. Là où le Divin se manifeste, il y a Sainteté, si infime soit-elle.

Etre Gardien de la Terre Sainte, c’est aussi un état d’esprit. C’est œuvrer en soi pour garder l’étincelle divine que Dieu a placé en nous à notre naissance physique et qu’Il anime à notre naissance spirituelle par le Sacrement du Baptême, afin qu’elle ne s’éteigne jamais mais qu’elle devienne la lumière, le flambeau qui guide vers une Terre Nouvelle.

La construction du Temple Intérieur est le Grand Œuvre Alchimique à réaliser ; nous devons veiller et garder le bon cap pour réussir. Le Divin en Soi, est dans le Tabernacle, le Cœur, la résidence de l’âme en l’homme ; l’homme dans le Temple, le Temple à Jérusalem et Jérusalem en Terre Sainte d’Israël avec la Palestine sont le Centre du Monde.

 

Terre Sainte – Terre des Vivants

On nomme Terre des Vivants les terres d’Israël et de Palestine. Selon René Guénon, cette Terre comptait sept peuples (sans doute une allusion aux sept églises citées dans l’Apocalypse). Elle est synonyme de Séjour d’Immortalité puisque tout ce qui se passe sur le plan terrestre s’inscrit sur le plan céleste. Le Centre du Monde ou Cœur du Monde désigne également la présence Divine en d’autres lieux qu’Israël et la Palestine.

 

Chez les Anciens Egyptiens, nous retrouvons ce symbolisme. Ils donnaient à leurs provinces le nom de "Chémia". "Kémi" en égyptien signifie "Terre Noire". Lorsqu’il est précédé de l’article Al (en langue arabe) il donne Al Kémi (Alchimie). Cette Terre Noire est la matière première de l’Oeuvre d’où sortit le peuple hébreu, l’Esprit de Dieu.

 

Depuis la fin de l’Ordre du Temple du Moyen-âge, les liens de la chrétienté occidentale ont été rompus avec la Terre Sainte de Jérusalem, en ce sens que l’occident vit une sorte de descente lente mais irréversible vers l’enfer. Conflits d’intérêts, armés, religieux, politiques, économiques, financiers, seront désormais conjugués au quotidien.

La religion Chrétienne Primitive n’aura alors  plus droit de cité devant l’église de Rome toute puissante, qui bafoue les Rites et les Dogmes de l’Eglise Primitive. Les défenseurs de la « Terre Sainte » que nous appelons  « Tradition Primordiale » se rassemblent dans des sociétés initiatiques secrètes ou discrètes, (telles que les Rose-Croix, les Francs-Maçons et bien d’autres), pour sauvegarder ce qui peut l’être dans les temps de troubles que nous vivons en ce début de XXIe siècle, (21 = 3 x 7) symbole éminemment explicite quant à l’avenir du monde.

La Terre Sainte de Jérusalem est un sujet de discordes depuis des décennies. Les peuples s’y affrontent dans de sanglants attentats. Paradoxe d’un lieu où doit régner la Paix, mais où la guerre sévit, toujours plus meurtrière. La Terre Sainte est là où nous désirons la voir se manifester. Le Christ a dit : « Là où plusieurs d’entres vous se réuniront en mon nom, je serais parmi eux ». La Terre Sainte est le lieu où souffle l’Esprit, y compris dans le Cœur des Hommes de bonne volonté.

Si nous ne pouvons nous  rendre à Jérusalem, n’en soyons pas attristé. Nous avons, en France, la formidable possibilité de nous rendre en des endroits où souffle l’Esprit de Dieu. Nos cathédrales qui s’élevèrent grâce aux connaissances en partie ramenées par les Moines-Soldats sont à l’image du cosmos et de Dieu ; construite selon les lois d’harmonie de la nature et sur des courants telluriques majeurs, elles vibrent en Ciel et Terre et participent ainsi à communiquer avec le Divin.

 

Cœur du Monde et Cœur de l’Homme

 

Le cœur est symboliquement représentatif du Saint Graal. Il est l’image de la Terre Sainte reproduite, à l’état latent, en chaque être humain. Partout où se manifeste la Tradition Primordiale naît une Terre Sainte. Le Cœur Suprême du monde est l’Ame de notre planète, son Centre Spirituel. Il est le point de départ, d’arrivée et de ralliement de toutes les religions traditionnelles du monde. La plus connue de ses appellations est "Aggartha", là où se tient le gouvernement spirituel de notre planète.

Cet endroit, dont la localisation a prêté à bien des confusions et continue à faire couler beaucoup d’encre, est chargé de veiller au maintien des religions et des mouvements initiatiques traditionnels du monde. Ce gouvernement "occulte" de notre planète veille à la permanence et à la transmission de la Tradition parmi les hommes. Son action est à l’image de Dieu ; elle ne contraint pas, elle éduque en laissant l’homme utiliser son libre-arbitre en tous domaines.

Sa représentation symbolique prend tantôt la forme d’une montagne (signe d’ascension), tantôt d’une caverne (terre-mère), tantôt d’une vallée encaissée au cœur d’une chaîne montagneuse (forme d’une coupe, le Graal) ou d’une île (un point dans l’océan, le Palais Intérieur). Il ne faut pas confondre l’Aggartha avec Shamballah qui est un centre d’énergie planétaire.

 

L’idée de rédemption est un long voyage vers ce Centre Sacré et Caché, comme on chemine sur le labyrinthe symbolique qui figure le voyage initiatique, la recherche de la Parole Perdue, la Quête du Saint Graal. Chez les Egyptiens, le Saint Graal est le Cœur recevant le Divin en Soi. C’est vers celui-ci que désirent nous mener les membres de la Grande Fraternité Blanche de l’Aggartha.

On peut qualifier de "Terre Sainte", les livres sacrés, les hauts lieux spirituels, le cœur de l’homme de foi, le Temple des sociétés secrètes, tous lieux où le Divin, ou bien une Parcelle Divine, a élu domicile ; n’oublions pas le pain béni, l’hostie, qui est Corps du Christ que nous accueillons lorsque nous communions…

L’union des égrégores créés par la conjonction des religions Traditionnelles forment une Terre Sainte. En effet, un égrégore est construit à l’image d’une âme collective par les êtres qui agissent vers un but commun et qui s’unissent par la pensée et dirigent leurs prières et leurs souhaits vers un même idéal spirituel. Mais prudence car il existe des égrégores qui incarnent le bien, et d’autres qui incarnent le mal.

 

L’Homme

 

Une formidable opportunité s’offre aux hommes et femmes de bonne volonté. Notre époque charnière de la fin d’un temps, préparant des temps nouveaux et de Paix, permet à des groupes incarnant une démarche traditionnelle de participer à ce renouveau. Le but est de rassembler toutes les disciplines traditionnelles connues afin de les transmettre à l’abri des temples consacrés et voilés aux yeux des profanes non préparé pour recevoir cette Connaissance. Celle-ci se décline de façon écrite et donc, comme par le passé, les arcanes majeurs se transmettent de façon orale et par l’intermédiaire de l’initiation.

Dans l’Ordre du Temple actuel, cette transmission se décline selon cinq niveaux :

- Le premier est le parvis du temple où l’impétrant séjourne 27 mois, (9 + 9 + 9).

- Le second au sein du groupe des frères Servants.

- Le troisième au sein du groupe des frères Ecuyers.

- Le quatrième au sein du groupe des frères Chevaliers

- Le cinquième cercle, caché celui-ci, est assimilé au cercle du Saint Graal. Il n’est pas révélé à tous, seuls ceux qui ont valorisé leur état de frère Chevaliers et qui sont inspirés Divinement peuvent individuellement effectuer leur quête du Saint Graal.

Très peu, comme dans les légendes Arthurienne y parviendront. Ce dernier cercle est une quête essentiellement personnelle, et il faut pour y parvenir incarner toutes les vertus.

Nous comprenons, dès lors, que peu importe le niveau social, la richesse, les diplômes, la race, ou bien encore le sexe de l’impétrant sur le Parvis du Temple ; seul un engagement sincère au service de Dieu et de l’humanité doublée d’une humilité sans faille peuvent ouvrir les portes de la Terre Sainte Universelle.

Robert Ambelain « L’Alchimie Spirituelle » reprend un texte de Willemoz qui cite :

« Initié, la science humaine te sera inutile lorsqu’il te faudra mourir ! Mais combien ce passage deviendra difficile à celui qui n’aura pas été instruit par la Foi ! Alors tu ne seras plus heureux ou malheureux pour avoir su ou avoir ignoré une infinité de questions que l’on agite dans les écoles et qui occupent les savants…

Ceux qui savent les résoudre et ceux qui ne le savent pas n’en seront pas pour cela avancés ! Il ne te servira à rien d’avoir été philosophe ou mathématicien. Mais la Foi qui produit la Charité et les Œuvres, ce don de l’Esprit, que l’industrie et les études humaines ne sauraient jamais procurer, la Foi est la Seule Véritable Science et l’Unique Voie de la Réintégration et du Salut… »

L’homme pour parvenir en sa propre Terre Sainte doit progresser par la voie de l’Initiation. Le Temple est un lieu où se déroulent des rites et rituels sacrés qui mettent le postulant dans les meilleures dispositions spirituelles et vibratoires pour y parvenir. Au sein du Temple, l’homme prépare son âme a révéler le Divin en son Soi profond. Diviniser son être, c’est construire un Temple, c’est démêler le chaos, c’est éveiller toutes les qualités divines latentes en l’homme (nous les qualifions de Vertus), c’est organiser et structurer l’être Divin.

 

Il est nécessaire d’avoir souvenir de ce qui constitue le fondement de notre être, notre Soi profond. Nous devons nous souvenir que nous sommes des exilés du plan Divin et qu’il est nécessaire de renouer le contact avec notre état d’Homme Parfait. Si nous pouvons retrouver la mémoire de nos origines, celle-ci nous rendra à nouveau digne d’appartenir à la lignée authentique des Fils de Dieu. Prudence à ne pas mélanger l’ego, qui est envahissant, et le "Je" ou"Je Suis" ontologique qui est notre seul souvenir de Dieu et qui nous éclairera sur le chemin de la Réintégration finale au sein de la sphère Divine.

La nature toute entière, dans ses différents règnes, est bâtit sur la proportion dorée, le nombre d’or. La plupart des Temples sacrés, les cathédrales, certaines églises et chapelle sont construite en respectant la proportion dorée et l’harmonie universelle. Ces édifices permettent à l’humain, construit lui-même selon la proportion dorée, d’entrer en résonance avec le cosmos, avec les divinités. Le Temple de l’homme Saint est à l’image du Temple de pierre sacré et consacré, lui-même est à l’image de la Terre Sainte sur laquelle il est bâtit. Trois lieux où doit souffler simultanément l’Esprit.

Chaque homme est une pierre vivante du Temple Terrestre. Chaque âme est une pierre vivante du Temple Céleste. C’est pourquoi il est si important d’effectuer des pèlerinages sur les hauts lieux, afin d’y superposer les trois dimensions du Temple sur terre et recevoir en son Cœur l’Illumination. Le Cœur de l’homme est de toute évidence le Saint Graal, toutefois il l’est à l’état latent et seul celui qui en effectue la quête peut le trouver.