Notre civilisation est en crise. Personne n’en doute. René Guénon avait pressenti et expliqué cette dure vérité. Ci-après, voici quelques extraits de son ouvrage : « La crise du monde moderne » (1946).

« Si l’on dit que le monde moderne subit une crise, ce que l’on entend par là le plus habituellement, c’est qu’il est parvenu à un point critique ou, en d’autres termes, qu’une transformation plus ou moins profonde est imminente, qu’un changement d’orientation devra inévitablement se produire à brève échéance, de gré ou de force, de façon plus ou moins brusque, avec ou sans catastrophe ».

« Nous sommes présentement dans le quatrième âge, le Kali Yuga ou âge sombre … le monde moderne ira-t-il jusqu’au bas de cette pente fatale ou bien, comme il est arrivé à la décadence du monde gréco-latin, un nouveau redressement se produira-t-il cette fois encore, avant qu’il n’ait atteint le fond de l’abîme où il est entraîné ? Il semble bien qu’un arrêt à mi-chemin ne soit plus guère possible, et que, d’après toutes les indications fournies par les doctrines traditionnelles, nous soyons entrés vraiment dans la phase terminale du Kali Yuga, dans la période la plus sombre de cet « âge sombre », dans cet état de dissolution dont il n’est plus possible de sortir que par un cataclysme, car ce n’est plus un simple redressement qui est alors nécessaire, mais une rénovation totale ».

« Ce que nous entendons par individualisme, c’est la négation de tout principe supérieur à l’individualité et, par suite, la réduction de la civilisation, dans tous les domaines, aux seuls éléments purement humains… qui dit individualisme dit nécessairement refus d’admettre une autorité supérieure à l’individu, aussi bien qu’une faculté de connaissance supérieure à la raison individuelle; les deux choses sont inséparables l’une de l’autre. Par conséquent l’esprit moderne devrait rejeter toute autorité spirituelle, au vrai sens du mot, prenant sa source dans l’ordre supra humain et toute organisation traditionnelle, qui se base essentiellement sur une telle autorité ».

« Quand on voit des gens qui, tout en persistant à se dire chrétiens, n’admettent même plus la divinité du Christ, il est permis de penser que ceux-là, sans s’en douter peut être, sont beaucoup plus près de la négation complète que du véritable christianisme ».

« Ceux qui sont qualifiés pour parler au nom d’une doctrine traditionnelle n’ont pas à discuter avec les profanes, ni à faire de la polémique. Ils n’ont qu’à exposer la doctrine telle qu’elle est, pour ceux qui peuvent la comprendre et en même temps, à dénoncer l’erreur partout où elle se trouve ».

« La civilisation moderne est vraiment ce que l’on peut appeler une civilisation quantitative, ce qui n’est qu’une autre façon de dire qu’elle est une civilisation matérielle. Si l’on veut se convaincre encore davantage de cette vérité, on n’a qu’à voir le rôle immense que jouent aujourd’hui dans l’existence des peuples, comme dans celle des individus, les éléments d’ordre économique : industrie, commerce, finances. Il semble qu’il n’y ait que cela qui compte ».

« Il convient que les Occidentaux se mettent en garde contre l’attrait que peuvent exercer sur eux les phénomènes plus ou moins extraordinaires ; c’est de là que proviennent en grande partie toutes les erreurs néo-spiritualistes et il est à prévoir que ce danger s’aggravera encore, car les forces obscures qui entretiennent le désordre actuel trouvent là un de leurs plus puissants moyens d’action. Il est même probable que nous ne sommes plus très loin de l’époque à laquelle se rapporte cette prédiction évangélique :

« Il s’élèvera de faux christs et de faux prophètes qui feront de grands prodiges et des choses étonnantes jusqu’à séduire, s’il était possible, les élus eux-mêmes ».

Cette crise spirituelle est indissociable de la période qui succéda aux deux conflits meurtriers du début du XXe siècle. Les hommes espérèrent tant de la nouvelle paix mondiale qu’ils se laissèrent submerger par l’élan de la reconstruction matérielle qui après deux décennies allait précipiter le monde dans une course sans fin à la consommation. Si la paix des peuples était retrouvée, la paix intérieure des êtres allait sombrer sous les assauts de la société de consommation.
Cette société de l’abondance et de toutes les libertés, bonnes et mauvaises. Comme pour conjurer les années de souffrances et de privations en tous genres, les peuples se tournèrent vers le confort que la société matérialiste naissante leur présentait comme le nouvel Eden sur terre.

Cette époque d’après guerre aurait du être placée sous le signe de la lutte contre toutes les cruautés, les souffrances, les atrocités, les maux qui venaient de détruire tant de vies et tant d’êtres humains. Le contre coup de ce nouveau mode de vie est l’adoration d’un nouveau « Dieu » l’Argent ; ce « dieu » qui promet tout, qui permet tout, qui hypnotise toutes les consciences qui pervertit tout et tous, qui est adulé de toutes les couches sociales comme un moyen et une fin pour connaître le bonheur sur terre.

C’est une situation paradoxale, mais compréhensible à la fois, qu’après avoir connu un tel déchainement de violences psychologiques et humaines, les peuples vont agir eux-mêmes et contre eux-mêmes comme des bourreaux en s’infligeant, sans le savoir, une descente dans les abîmes matérialistes. Choix qui se révèlera sans retour pour la grande majorité de l’humanité. En s’enlisant dans les travers permissifs d’une société de consommation, les hommes vont cheminer aux antipodes d’un état de réelle paix intérieure, car la paix sur terre passe inévitablement par la paix de l’esprit, la paix en l’homme. Pas de paix intérieure, pas de paix terrestre.
Aujourd’hui bien des êtres humains accusent la société de tous les maux, petits ou grands. N’ont-ils pas tous contribués, sans s’en rendre compte, à son essor et à sa réalisation, en l’acceptant ou en restant passif devant ses ravages. Rappelons-nous que « Le non agir est agissant » car il laisse le chemin libre aux excès en tous genres, bons et mauvais.

C’est pourtant l’humilité seule qui garanti l’état de véritable Paix. L’intériorité et l’humilité mènent à une prise de conscience universelle, à la communion avec le Divin en Soi et hors de soi. Comment celui qui n’est pas en paix avec lui-même pourrait-il vivre en paix avec ses semblables ? Les soucis et les travers d’une vie trop matérialiste engendre inévitablement des situations conflictuelles au sein de chaque individu et par conséquent dans les relations aux autres, car le matérialisme provoque la jalousie, l’envie, l’orgueil, les passions malsaines, la trahison et d’innombrables déviances dues à la faiblesse des sens.

Les hommes semblent plongés dans le désarroi le plus total lorsque les moyens matériels leurs manquent, comme si le ciel leur tombait sur la tête. D’ailleurs, cette expression n’est pas fausse car il semble, en effet, que de temps en temps Dieu éduquent les humains par quelques épreuves d’où ils peuvent ressortir grandis. Le ciel leur tombe dessus pour leur bien mais bien souvent ils ne le comprennent pas. Quel manque de confiance et de foi en la vie. Comment trouver la paix et la sérénité en restant acteur de cette société violente, agressive, étouffante, et plus que tout illusoire.

La tragédie actuelle est sans nul doute issue de l’insuffisance morale et spirituelle. Les discours des savants, des intellectuels, des politiques et des hommes d’église ne font qu’affirmer les contradictions de la nature humaine mais ne propose aucune solution efficace pour y remédier. Beaucoup de solutions sont proposées, sauf celles qui permettent de renouer avec les vraies valeurs humaines et la spiritualité salvatrice, qui éloigneraient les hommes d’un matérialisme lucratif.
Paradoxalement, plus les peuples – le plus grand nombre – s’enlisent dans la matérialité, plus le petit nombre aspire à une vraie spiritualité en se tournant vers les écoles de mystères. Au cœur de celles-ci, les postulants souhaitent redécouvrir la vraie nature de l’homme et du monde, et ce qui en fait leur raison d’être. Cette réaction est une prise de conscience salvatrice pour qui souhaite renouer avec sa nature divine. Réminiscences d’un âge perdu, du paradis perdu où les hommes vivaient en Paix et en Vérité. Nous assistons depuis le début des années cinquante à un regain d’intérêts pour les recherches traditionnelles.

La renaissance des Ordres Templiers et néo-templiers corroborent cette état d’esprit et cette prise de conscience d’un petit nombre d’irréductible âmes qui par leur action et leurs prières tentent de repousser les échéances de cette fin de cycle que nous vivons. A défaut de la repousser, au moins espèrent-ils en apaiser les effets par amour pour leurs semblables et la création toute entière.

Un autre grand paradoxe de notre société est que malgré les mises en garde des textes bibliques les hommes se laissent manipuler par des beaux-parleurs, des orateurs de talent, des gourous, des faux prophètes...
Les temps annoncés dans le Nouveau Testament sont bien présents : « Prenez garde que vous ne soyez séduits..., ne les suivez pas..., de peur qu’ils ne séduisent même les Elus ». Restons sur nos gardes car le danger est grand de sombrer dans les griffes de « la bête », le « nouvel ordre mondial » présenté à nos yeux comme le nouveau Paradis terrestre, ce nouvel ordre mondial qui fait de la satisfaction des sens son cheval de bataille et son unique objectif.

L’être humain possède en lui les moyens de surmonter les difficultés de cette époque. Ceux-ci se nomment « Volonté » « Connaissance », car il faut une bonne dose de volonté pour emprunter cette voie et chercher les moyens d’atteindre le but recherché. La volonté est ce qui manque le plus à l’homme ; non pas la volonté de réussir sa vie, mais celle de reléguer au second rang l’attrait pour une vie confortable et choisir d’emprunter un chemin sans illusions mais rempli d’espérance et de joie de se rapprocher de Dieu. L’essentiel pour y parvenir est de lutter contre l’animalité qui sommeille en nous et qui, de temps en temps, et plus souvent selon les personnes, refait surface et reprend le contrôle sur la raison.

La véritable lutte a mener est confuse et cachée. Cette lutte se livre entre le mensonge que représente la vie uniquement matérialiste et la grande vérité d’une conception spirituelle d’une existence de sagesse. Certes, tous les hommes ne doivent pas vivre reclus ou devenir moines, mais il est possible de vivre dans le monde tel que nous le connaissons et en même temps hors du monde, c’est-à-dire dans l’intériorité de notre être, promesse d’un aller simple pour la réintégration divine.

Les problèmes de notre vie sociale accaparent tout notre temps et toute notre attention. Il ne peut y avoir de monde meilleur sans hommes meilleurs ; ceux qui prétendent le contraire n’ont pas assimilé les enseignements christiques. Sans amour du prochain, sans humilité, sans volonté, il n’est pas envisageable de changer les ténèbres en lumière, même avec l’aide de Dieu.
« Aides-Toi, et le Ciel t’aidera »

Nul changement n’est possible sans changement en soi. Il faut abandonner l’égo, cette faiblesse de l’être qui est à l’origine de biens des maux. Il faut rechercher la Paix en soi pour trouver la Paix en Dieu. Il est nécessaire d’admettre que l’humain ne dominera jamais la nature ni la création, et que ses maigres victoires en ce domaine devront être rétribuées au prix fort. Tout ce que nous faisons à notre mère nature, c’est à Dieu lui-même que nous le faisons.

Ne nous berçons pas d’illusions car en partant de ce monde, nous n’emmènerons rien de matériel vers l’au delà. Nous n’y emporterons que les progrès d’ordre spirituel que nous avons réalisés ici-bas nimbés de tout l’amour que nous aurons diffusé autour de nous. Avez-vous remarqué que là où un être sème la zizanie, la contagion fait son effet, et inversement là où un être resplendit de sagesse et d’amour, la sérénité apparaît. Les tensions comme la sérénité se communiquent dans le monde sensible. D’ailleurs peu d’êtres sont pleinement conscients que ce qu’ils disent, pensent, et font, laisse des traces indélébiles dans les mondes intermédiaires ou monde astral. Ce sont toutes ces choses négatives qui nourrissent les mauvaises entités des plans invisibles et qui provoquèrent, comme ce fut le cas avant le second conflit mondial, l’apparition d’un être si diabolique qu’il allait à lui seule incarné Satan devant les nations.

Pour qu’un monde meilleur naisse pour l’humanité, il est nécessaire que chacun individuellement, puis collectivement ensuite, fasse un pas vers son moi intérieur qui seul engendrera un début de changement. Prétendre vouloir redécouvrir un Eden Primordial sur terre sans faire le moindre effort sur soi est futile et illusoire ; à moins de - vendre son âme – selon l’expression souvent usitée. « Vendre son âme au diable » ne veut-il pas dire que nous remettons entre les mains d’autrui le soin de réaliser, selon qu’il a promit, nos plus chers désirs à notre place. L’âme est le bien le plus précieux de l’homme. La donner au Diable, c’est adopter une attitude inconsciente du danger caché.

Les dirigeants de notre planète s’enivrent de l’essor matérialiste et des conforts que les richesses leur apportent. Par delà cette attitude c’est leur égo qui grandit devant leur réussite sociale. Quelle illusion que d’amasser des biens matériels qui n’entrerons point dans leur cercueil, fut-il construit de l’or le plus pur, lorsqu’ils disparaîtront. Les hommes de ce paradis illusoire se sont enivrés du développement matériel et d’acquisitions qui semblent devoir maîtriser la nature. Ils sont devenus les victimes de leur propre égo surdimensionné et soutiennent que la volonté humaine peut se passer de la morale et nier l’esprit, quand celui-ci s’interpose devant ses objectifs.

Ceux qui refusent de se laisser entraîner par les forces négatives de notre temps et cherchent leur paradis dans les lois spirituelles de l’être, s’assurent une protection divine car Dieu encourage, inspire, guide et protège ses enfants dévoués.

« Le tragique sentiment d’impuissance que ressent l’individu isolé tandis que la marée des événements s’avance sinistrement et l’apparente vanité de la lutte contre pareilles circonstances, étouffent l’émotion et se rient de toute préoccupation de sort personnel. En face de ce formidable mouvement vers l’autodestruction, un homme dans sa solitude et son insignifiance semble compter fort peu ».

Mais si le corps physique a bien peu de réelle valeur ici-bas, simplement parce qu’il est périssable, il n’en est pas de même de l’âme humaine, cette parcelle que Dieu a mit en nous. Il est force de constater que lorsqu’on parle de sauver nos semblables et nous-mêmes, il s’agit moins de nos corps que de nos âmes. D’ailleurs, la résurrection des corps à la fin des temps n’est qu’une interprétation erronée des écritures ; c’est de la résurrection des âmes et de leur retour dans l’Eden Primordial dont il s’agit.

Comme l’expose si bien Paul Brunton dans son ouvrage « La Crise Spirituelle de l’Homme » éditions Victor Attinger ; « Il est manifestement impossible aux gouvernements et aux puissants de ce monde, en dépit de leurs admirables efforts, d’exercer le pouvoir protecteur des dieux » ; donc chaque homme devrait chercher ses propres sources de secours. Toute puissante que soit une armée ou bien une nation, elle ne pourra s’opposer au Jugement des nations, au châtiment Divin.

La vie intérieure d’un individu n’a pas à rendre de comptes auprès de quelques autorités que ce soit, ainsi l’homme peut maîtriser ses choix. Il jouit d’une liberté personnelle et immédiate sur la gestion de son devenir. Si l’homme ne peut rien pour amener la paix en ce monde, il peut l’amener en lui et sauver sa propre vie intérieure. Il peut s’assurer la miséricorde divine en ce sens qu’il aura entendu l’appel intérieur et y aura répondu positivement.

Les temps que nous traversons et que nous allons continuer à franchir sont propice à une réflexion profonde sur la façon de traverser la tempête. Souvenons-nous que Noé ne l’a franchi qu’avec l’aide de Dieu. Aussi, le temps est venu où chaque individu est appelé à se sauver lui-même ; pas de la façon égoïste de certains hommes, mais en effectuant un changement radical dans notre mode de vie tant extérieur que, et surtout, intérieur.

Une vie menée avec bon sens et spiritualité donne plus de satisfactions que le mal qui est synonyme de souffrance. La nécessité s’impose à ceux qui ont du discernement d’apprendre à écouter leur cœur plutôt que leur égo.

Nous devons par nécessité vivre parmi les fracas du monde, mais nous avons la possibilité de vivre en même temps hors de ce monde lorsque nous prions, que nous méditons, et que nous pensons et remettons nos soucis à Dieu pour qu’il nous guide.

Pour se sauver soi-même des griffes du rouleau compresseur matérialiste qui tente d’annihiler toute forme de liberté extérieure, il faut avoir le courage de se réfugier en Dieu, dans le Dieu de notre cœur afin d’y trouver la Paix. La vie terrestre est illusoire, mais l’éternité ne l’est pas.

« Toute crise qui montre avec éclat la petitesse de l’entendement humain, toute catastrophe qui révèle clairement la faiblesse pitoyable de la force humaine est une occasion de se tourner en une pieuse humilité vers la personne supérieure pour implorer son secours et ses directives.

A ceux qui ont contemplés le monde et vu seulement ses luttes et son chaos, les idées philosophiques peuvent apporter un renouveau de confiance et d’espérance en l’éternelle sûreté de l’élaboration des desseins divins.

A ceux dont la vie est pleine de difficultés et de découragements, elles peuvent apporter de nouvelles directives et une nouvelle aide, ou au moins la foi qu’il y a un Ordre Divin dans l’univers.

A ceux qui sont disposés à accepter la libération qu’elle offre de la peur, de la haine et des autres qualités négatives, la Foi fait voir la vie humaine non plus sous l’aspect de pièces et de morceaux, mais d’un plan défini. A tous, elle affirme que le mouvement de la race humaine est, en dépit des apparences contraires, une correction vers le bien final. Quoiqu’elle émette un message d’avertissement à l’égard du monde contemporain, elle offre des pensées encourageantes et des conseils pratiques.

Dans la mesure où l’on s’informe de son énonciation des lois supérieures et où l’on se maintient dans leurs limites, on se protège ».

La chute des hommes

Les temps paradisiaques ne devaient pas durer éternellement, et la négation de l’Eden Primordial est simplement ce que l’on nomme aujourd’hui « Civilisation ». Pour illustrer le fait que la chute de notre système de vie est inéluctable et que l’échéance de tristes événements est proche, nous allons revenir sur ce qui préside à ces futurs et terribles changements qui nous attendent.

L’Age d’Or annonce une vérité inquiétante et indiscutable que le bonheur n’est possible que si son opposé l’est également. Bonheur et civilisation constitue l’un des dilemmes de notre époque. L’homme en ayant choisi la voie de la civilisation s’est engagée dans un processus qui ne cessera que lorsqu’il réintègrera l’Eden Primordial, c’est-à-dire, d’un point de vue cyclique, à la fin de l’âge de fer que nous traversons actuellement.
La race de fer, la nôtre, est la plus vulnérable, la plus fragile, la plus démunie de toutes. C’est une civilisation de vie éphémère, de labeurs, de malheurs, d’angoisses, et elle devra accomplir son cycle jusqu’au prochain âge, l’Age d’Or, le Paradis retrouvé.
Sans trop nous étendre sur le sujet, qui a fait l’objet de précédents articles, nous expliquons succinctement ce que furent les civilisations incarnés sur terre depuis celle du l’Eden Perdu. Selon Hésiode, quatre races vécurent successivement sur notre planète.

La première est la race dite d’Argent :
Durant cet Age, la durée de l’enfance des êtres était très longue. Cette longévité étant une réminiscence de l’Age d’Or et de l’éternité. L’enfance durait environ un siècle. Ensuite, parvenu à l’âge adulte, l’homme perdit ses prérogatives de proximité avec les Dieux, ou entités divines.
L’égocentrisme, l’orgueil, la démesure, les poussèrent inexorablement de plus en plus loin des contacts divins. Ils cessèrent progressivement d’adorer les Dieux et Zeus décida de les anéantir et de les envoyer vers les enfers. Ils devinrent ainsi « les Bienheureux des Enfers ».

La seconde est la race dite de Bronze :
Zeus décida ensuite de repeupler la terre et recréa une nouvelle race d’hommes. Celle-ci excella par ses attitudes guerrières impitoyables. Leurs armes comme leurs outils agricoles étaient de bronze. Victime de sa folie meurtrière, de ses conflits, de ses rivalités et de sa furie aveugle, elle s’autodétruisit sans pouvoir nous léguer quelque héritage ou vestiges de son époque.
Zeus ne se décourageât pas pour autant et recréa une autre race qui fut beaucoup plus pacifique que les précédentes ; on la nomme aujourd’hui « Race des Héros » tant ces hommes, issus de la mythologie grecque, réalisèrent quantité d’exploits guerriers et de bâtisseurs à la fois. Certains de ces êtres furent intégrés dans une contrée paradisiaque réservée aux braves et aux héros, qu’Hésiode nomma « Ile des Bienheureux ».

La troisième est la race dite de Fer :
La civilisation actuelle, celle à laquelle nous appartenons, est appelée la race de fer. Cette race précède par effet cyclologique le futur Age d’Or dont parlent les écritures.
Or, Argent, Bronze, et Fer symbolise parfaitement le déclin progressif des races différentes qui peuplent la terre. Ainsi, l’humanité va perdre graduellement de sa vigueur physique et de ses vertus primitives. Elle perd la possibilité de vivre longtemps car la chute progressive dans la matière implique nécessairement l’assujettissement au facteur temporel.

On suppose que le temps qui s’est écoulé entre l’apparition d’Eve et du Serpent fut court car la sentence de Dieu fut immédiate. On connait les conséquences de cette chute ; les crimes firent leur apparition par le premier homicide perpétré par Caïn sur son frère Abel. A partir de ce moment, l’homme sera contraint à travailler dur pour assurer sa subsistance, et connaîtra les effets de la haine, de la violence, de l’envie, de la jalousie, de l’iniquité. Les hommes s’approprient les richesses de la terre par la force et sont poursuivi de façon permanente par le sang répandu au début de la civilisation.

L’humanité s’éloigne de Dieu progressivement et irrémédiablement jusqu’au jour où le Seigneur décidera de l’anéantir pour rendre grâce aux justes de cette terre. La dernière destruction, sans doute partielle, eut lieu environ 7700 ans après la création d’Adam. On suppose que le déluge fut provoqué par la fonte brutale des glaciers qui fit monter le niveau de la mer de plus de dix mètres. Cette montée des eaux se produisit surtout dans l’ensemble du bassin méditerranéen et le golfe persique.
On sait aujourd’hui qu’une telle montée des eaux ferait des dégâts gigantesques sur le continent européen. Il provoquerait, en dehors de très nombreuses victimes, un exode de population qui pourrait se chiffrer à la moitié des habitants de notre continent, cela à la seule condition que l’eau ne monte pas de façon excessivement vite.

Les peuples habitant la terre sont des rescapés de l’âge pré-diluvien, auxquels s’ajoutent les descendants de Noé. Ce sont les Dieux qui révèlent aux peuples les secrets de la nature, mais ce qu’en font les hommes est livré à leur seul libre-arbitre. L’homme choisi de créer son mode de vie et doit en assurer les bonnes et mauvaises conséquences.

Le futur Age d’Or n’interviendra que lorsque la période de fin de l’âge de Fer sera totalement terminée. Hors, cette période n’est pas encore achevée. Si l’on fait le bilan de ce que notre civilisation a créé de bon et de mauvais, ce qu’elle a générée par son ignorance des lois de la nature, ce qu’elle encoure pour s’être éloignée presque complètement de Dieu et de ses enseignements, alors on peut s’attendre à une fin de cet âge de Fer plutôt chaotique et particulièrement meurtrière.
Parce que les humains s’éloignent d’une vie spirituelle authentique et nécessaire à l’homme intérieur qui lui permettrait de renouer des contacts avec des divinités, et ne semblent pas faire le moindre effort sur eux-mêmes pour communier avec Dieu, le changement n’en sera que plus terrible.

Certaines organisations pseudo-spiritualistes que nous qualifierons de « New-Age » prônent l’avènement de l’Homme-Dieu ; c’est une grossière erreur. Jamais l’homme physique ne deviendra un Dieu sur cette terre. Seule l’humilité peut faire progresser l’homme vers Dieu et non l’inverse. C’est la définition de l’égocentrisme à l’état pur. Seule la petitesse volontaire et sincère de l’être peut lui permettre de renouer avec le Divin en Soi ; là est le début de la quête sacrée d’un retour dans le Paradis Perdu.

Temps que des prières s’élèveront vers la sphère divine, le contact ne sera pas rompu. Il est néanmoins nécessaire de ne pas se lamenter sur son propre sort, mais de demander que seule la Volonté Divine s’accomplissent et non celle des hommes.
Quoique nous fassions, quoi que nous pensions, quoi que nous disions, nous n’éviterons pas les évènements de cette fin de cycle, et encore moins le Jugement Divin des Nations.