« Là où est le Christ, là est l’Eglise catholique », écrit Ignace d’Antioche qui, le premier veut expliquer par ce mot l’universalité du salut. Cette Eglise se réalise en chaque cité dans la communion de charité fraternelle unissant les croyants entre eux. Chaque cité entend bien avoir de bons rapports avec les Eglises voisines. Les évêques d’une même région s’écrivent et, à l’occasion, se réunissent en synodes provinciaux.

Des intellectuels raillant les absurdités du message chrétien, dénoncent le péril qu’il représente pour l’ordre public. Le nombre de croyants adhérant à ces nouvelles conceptions, entraîne des persécutions de la part des autorités. Peu à peu cependant, le message passe mais dès le IIe siècle, le plus grand danger pour la foi, est la gnose. Irénée affirme que tout effort spéculatif n’a de valeur que dans le respect intégral de la révélation confiée aux Apôtres et transmise par leurs successeurs.

C’est à partir de la conversion de l’empereur Constantin en 313, que les chrétiens cessent d’être suspects. Leurs ministres participent aux privilèges des prêtres païens. L’Eglise de Rome prend de l’importance et cherche à dominer celle de Constantinople. Le jeu de forces en présence a fini par amener la séparation définitive de ces deux Eglises, en 395. Elles ont évolué parallèlement, avec une doctrine et des rites différents. La décision du Pape engage toute l’Eglise romaine tandis que celle du patriarche de Constantinople n’engage pas toute l’Orthodoxie : il ne jouit que d’une primauté d’honneur.

L’Eglise romaine en se posant en conquérante a agi comme telle, voulant s’accaparer tout ce qui était antérieur à elle. Elle s’est comportée de façon parfois éhontée et on est en droit de se demander pourquoi. Dieu n’a jamais voulu que l’on saccage, que l’on tue en son nom. Mais des hommes se croyant des élus, ont cherché à s’imposer. Qui sont-ils ? Des êtres de chair dotés d’un esprit soit, mais d’un esprit qui n’a pas su faire la part des choses. Ce n’est pas parce qu’un être a eu une vision ou entendu une voix, qu’il doit croire être investi d’une mission particulière. Tous les humains ont un rôle à jouer au sein de leur société, peu le savent, ce qui entraîne des dissensions, des discussions, des drames.

Quand on sait que St Martin – peut-être pour gagner son Ciel – a tout fait pour détruire le culte des forêts sacrées, des arbres, des pierres levées et des sources, surtout dans l’Ouest de la France, on n’a pas l’impression qu’il ait agi de manière très chrétienne. Cette région où précisément le culte des Celtes était toujours présent. Le passage des Gaulois sur cette terre n’a pas détruit ce qui touchait au monde invisible. Ils étaient trop superstitieux et craignaient que le Ciel ne leur tombât sur la tête. Ce n’était pas le ciel physique mais le Ciel des Anciens qu’ils appréhendaient. Les Celtes, peuple dur, avaient reçu un Savoir, une connaissance des choses que les Druides, véritables gardiens, possédaient. Il est sûrement encore quelques secrets que nous ignorerons toujours. Ce sont les Druides qui, croyant aux forces irrationnelles maintenaient les croyances, les symboles, les rites magiques destinés à influencer le destin, et permettaient à tous de participer au sacré sur des lieux bénéfiques pour l’homme.
Si des lieux ont changé de noms par la déformation due à la prononciation locale et mal orthographiés, il en est d’autres qui, par la volonté des évêques de l’Eglise de Rome, ont été purement et simplement gommés. C’est dommage pour l’étude de certains sites.

La Tradition n’est pas la science, elle n’en est que le véhicule. Elle enseignait les phénomènes vus de l’intérieur, c’est-à-dire perçus par les sens psychiques. L’essence des choses n’étant pas matérielle, la science traditionnelle a pour but la connaissance des choses par l’étude du cœur même de la matière. L’étude d’une pierre, vue par l’intérieur, est totalement différente de son étude faite par analyse chimique. L’exploration de la matière menant à la connaissance, disons vibratoire, se faisait peu à peu, par une mise en condition de l’être, à percevoir l’au-delà de la soi-disant réalité.

Cet entraînement progressif a permis à l’homme d’avoir une connaissance en profondeur de la matière et de son organisation. On le voit, une science à l’inverse de la nôtre.

Lorsque le christianisme a voulu s’imposer, il a incorporé beaucoup de croyances et de pratiques antérieures ; quand il ne pouvait véritablement le faire, il a excommunié ou mis en avant les démons. Ces derniers ont eu bon dos mais au lieu de les avoir laissés tranquilles, on les a projetés en avant plan, ce qui indique que l’Eglise romaine n’était pas si sûre de gagner et s’est alliée, pourrait-on dire, avec le Diable. Il n’est que d’analyser objectivement les remous idéologiques qui l’ont secouée au cours des siècles pour en avoir des preuves. L’étude des écrits religieux nous laissent parfois perplexes alors qu’en suivant notre intuition, nous nous rendons compte que cela ne va pas et, dans ce cas, notre Moi rejette les enseignements promulgués par l’Eglise.

Les institutions catholiques romaines occultèrent la valeur sacrée de ces lieux. Les religieux venant d’une autre culture, ont donc tenté de détruire ce qu’ils nommaient des croyances païennes. Ceux qui partaient installer des monastères dans des lieux isolés, recherchaient le silence, la paix pour pouvoir étudier et être loin du monde. On ne peut dire qu’ils aimaient le contact avec la Nature, bien au contraire, car ils ont été les premiers à déboiser de façon désordonnée sans tenir compte de l’environnement. Les moines défricheurs une fois leur ouvrage terminé (défrichement, aménagement de leur lieu d’élection), se faisaient oublier.

En prenant à la lettre la recommandation de Jésus : fermer la porte de notre cellule pour prier le Père qui est dans le secret, les moines en ont fait une règle. Or, pour Jésus, fermer la porte de notre cellule c’est : adressons notre prière à Dieu le Père qui connaît les secrets de notre cœur. Point n’était besoin de s’enfermer, de se retirer hors du monde. Donc, la vie des frères et sœurs qui vivent dans ces lieux clos, se déroule de façon rythmée au son des cloches. La cellule est pour le moine, un lieu caché où il prie, prend ses repas et consacre plusieurs heures par jour à un travail manuel dans le petit atelier attenant à sa cellule : travail solitaire, nécessaire pour subvenir à ses besoins et aussi pour aider la communauté dans laquelle il vit.

Les Pères de l’Eglise ont apporté un renouveau pour la compréhension des Textes mais depuis, l’Eglise catholique romaine a perdu les sources de son ésotérisme. Il ne reste que le côté exotérique, n’apportant plus aucun soutien aux fidèles. Une fois la théologie apprise, l’âme se tourmente et ne sait plus à quoi se rattacher. C’est la foi qui a disparu et avec elle l’espoir. Or, tuer l’espoir c’est tuer l’individu. De plus, en célébrant la messe face au peuple, le prêtre tourne le dos à l’Est, au Soleil levant, à la Lumière. Les Pères de l’Eglise ont pourtant insisté sur ce point. Le prêtre doit se tourner vers l’Occident pour chasser Satan et ses pompes, et vers l’Orient pour baptiser au nom du Christ et invoquer l’Esprit pour la sanctification des oblats.

Dans toutes les religions anciennes, les prêtres priaient face au Levant et non face au Couchant ; est-ce l’annonce de la fin de la religion romaine ? Nous ne disons pas chrétienne qui sous-entend, religion amenée par un Christ. Mais curieusement, le Christ qu’a été Jésus est refoulé puisque la divinité du Christ est toujours plus éludée, que ses deux natures n’étant pas comprises, on lui dénie le rôle de Fils de Dieu. En reniant le côté divin de Jésus-Christ, on élève un culte au côté humain. Ainsi on divinise l’Homme et c’est pourquoi la religion se meurt. Pourtant dans les premiers siècles, on voulait à tout prix mettre en avant le Fils de Dieu, et pour Lui, rejeter toutes les croyances, tous les rites qui paraissaient désuets et surtout dénués de sens. Ce qui gênait aussi l’Eglise, c’était le nombre de déesses qui encombraient les temples : temples romains et gaulois.

L’un des plus grands problèmes du christianisme naissant, fut de réformer les mœurs. Etre chrétien, c’est adopter une voie où il faut sans cesse se perfectionner d’autant qu’il n’est pas possible de vivre seul, à côté des autres. C’est accepter les différences qui se trouvent dans la société où nous vivons. C’est aussi être charitable envers les hommes. Saint Paul nous dit : « Quand je parlerais les langues des hommes et des Anges, si je n’ai pas la charité, je ne suis qu’un airain qui résonne ou une cymbale qui retentit. Et quand j’aurais le don de prophétie et que je connaîtrais tous les mystères et toute la Science et quand j’aurais la plénitude de la Foi jusqu’à transporter des montagnes, si je n’ai pas la charité, je ne suis rien ».

Par ailleurs, le christianisme libère en ce sens qu’il délivre des passions, des péchés, de l’injustice et assure le salut des Chrétiens. Mais cette liberté qu’il procure, doit être utilisée au service d’autrui. « Bien que libre à l’égard de tous je me suis fait l’esclave de tous, afin d’en gagner le plus grand nombre ». (I Cor. IX.10).

En cherchant à gagner des fidèles de façon forcée, l’Eglise s’est fourvoyée. Les êtres doivent être libres d’adhérer à une philosophie nouvelle, à une religion (en faisant toutefois attention aux multiples sectes ou communautés – semblant agir comme telles – qui pullulent en ce moment). Dans les premières communautés religieuses, la vie était simple et les prières récitées en commun. A l’époque de Jean-Baptiste, on priait le Messie à venir, puis le Christ est venu et un peuple s’est groupé autour de Lui pour grandir et former le christianisme qui, très vite, a connu des schismes.

Or, l’homme n’a pas compris que schismes ou pas, il y a un TOUT. C’est un peu comme dans les religions polythéistes, où les multiples dieux représentent chacun une facette de ce Tout. Qu’est-ce qu’un schisme ? Une division d’opinions. Et une hérésie ? Une opinion en contradiction avec les opinions admises. Vatican II – décret sur l’œcuménisme n° 14 – rappelle : « l’héritage transmis par les Apôtres a été reçu selon des formes et d’après des modes divers et a été expliqué çà et là de façon différente selon la diversité du génie et des conditions de vie ». C’est dans la présentation du message christique qu’est née une certaine diversité non seulement de la théologie mais du dogme.

La Foi en Dieu a-t-elle besoin de formules rigides ? Si beaucoup de Chrétiens ont fui l’église romaine, c’est peut-être à cause de son intransigeance. Elle ne peut plus être et avoir été et devra s’adapter au monde en marche ou disparaître. La religion nouvelle sera chrétienne et universelle. Lorsqu’au départ, les peuples professèrent une foi envers un dieu, s’il avait des atouts de bonté et d’amour, pourquoi l’eussent-ils repoussé ? Par contre, s’il était un dieu de la guerre ou semant la zizanie, il eut été préférable, en effet, de s’en éloigner.

Dans les anciennes religions, il n’y avait aucune autorité papale mais des Grands Prêtres que l’on peut comparer aux Evêques actuels. Si la parole du Christ s’était propagée d’Eglise à Eglise, on n’aurait peut-être pas assisté à certaines déviations. Pour créer un pôle de vénération féminine, l’Eglise a d’abord inventé une Mater Ecclésia (Notre Mère l’Eglise). Saint Augustin écrit et répète que l’Eglise est l’épouse du Christ. Puis Marie, la mère de Jésus-Christ, en devenant la Mère de Dieu, éclipse, peu à peu, Dieu le Père, Son Fils et le Saint Esprit. Toujours est-il que l’Eglise a misé sur Marie pour ramener dans son giron les Chrétiens dispersés.

Or, a-t-elle vraiment réussi ? Non, puisque des Chrétiens sont en dehors. Souhaitons que la prochaine religion rassemble plus de fidèles et sache leur enseigner la Foi, la Charité, l’Amour de Dieu et du prochain, afin de les amener vers ce Dieu unique, Créateur de toutes choses.

Dieu sollicite nos prières, car elles sont importantes. Une prière est une vibration sonore qui s’élève pour retomber sur l’orant en vibrations démultipliées plus subtiles puisque ayant pris, au passage, des forces autres.

Les rites de la prière provoquent la transmutation des éléments psychiques de l’homme. C’est la raison pour laquelle les chrétiens affirment que la prière est la clé du Royaume des cieux. Par la prière, l’homme influe sur les forces inconscientes de son être intérieur. Pour atteindre ce Moi profond, il doit faire un effort pour renverser la barrière qui le sépare de lui-même.

Origène (185-254) est surtout un spirituel, chez qui doctrine et expérience sont intimement liées. Avec lui, s’est produit un changement de mentalité dans l’Eglise car, avec son génie propre, littéraire et théologique, il a perçu l’urgence de réconcilier culture et foi. Déjà la foi semblait disparaître et il était temps d’agir.

Prier est une chose et avoir la foi en est une autre. Cette foi, c’est en nous qu’il faut la chercher et nous verrons avec surprise qu’il y a un petit quelque chose qui nous pousse à croire en des forces supérieures. Forces que l’on peut appeler Dieu. Nous ne pouvons rejeter complètement qu’il n’y ait rien qui nous relie à Dieu. Tous, nous avons ou aurons la certitude que nous ne sommes que des petits enfants poussés dans un sens ou dans un autre mais devant suivre un certain chemin. Le non libre-arbitre de l’homme est considéré comme un karma (les fautes antérieures commises) ce qui n’est pas tout à fait vrai. L’homme peut être libre, agir à sa guise, pour cela il lui faut travailler sur lui-même et rejoindre Dieu.

A l’heure actuelle, trop de personnes s’imaginent qu’être chrétien c’est avoir été baptisé et croire en quelques principes. Etre chrétien, c’est d’abord croire en Christ, le Fils de Dieu, et tendre à devenir un homme théos, un « homme dieu ». C’est vivre le plus honnêtement qui soit pour recevoir la grâce divine. Rester humble, ne pas être envieux, sont des conditions importantes. Souvent d’ailleurs, on constate que Dieu accorde aide et bienfaits à certaines personnes sans que ces dernières soient des « piliers » d’églises. Dieu voit et juge logiquement, ce que ne peut faire un être humain, même animé de la meilleure volonté.

L’Eglise ne veut pas comprendre que quelques-uns reçoivent des « dons » en dehors d’elle, mais c’est ainsi. Christ à dit : « Aimez-vous les uns les autres », la paix et l’harmonie découlent de l’Amour agapé (désirer la plénitude de l’autre, aimer comme Dieu aime). Tant que l’humanité ne suivra pas ce précepte, elle sera bousculée.